Et voici la troisième et dernière partie de notre découverte de ce joli langage. Au programme : de la généralisation de foncteur. D'abord des foncteurs applicatifs, puis des monades! Si vous rêviez de savoir pourquoi tant de gens s’enflamment devant ce langage, il est peut-être venue l'heure de la révélation.
La première partie est ici, la seconde là.
Foncteurs applicatifs
Les foncteurs applicatifs sont un enrichissement des foncteurs. C'est donc une classe, définie dans le module Control.Applicative, de la façon suivante :
class (Functor f) => Applicative f where
pure :: a -> f a
(<*>) :: f (a -> b) -> f a -> f b |
Avec un type fonctoriel Fonc, on pouvais :
-Prendre un élément de type c et le transformer en Fonc c, c'est à dire le "placer dans un contexte minimal".
-Prendre une fonction de type a->b et la transformer en une fonction de type Fonc a -> Fonc b grâce à fmap.
Grace à un foncteur applicatif, on peut :
-Prendre un élément de type c et le transformer en type Fonc c, cela se fait grâce à la fonction pure :: (Applicative f) => c -> f c
-Prendre une fonction dans un foncteur (ie un élément de type Fonc (a->b)) et l'appliquer à un élément de type Fonc a pour produire un Fonc b. L'opérateur permettant une telle chose est noté <*> :: (Applicative f) => f (a -> b) -> f a -> f b.
La seconde notion est plus générale, car si vous avez un constructeur de type Fonc qui est une instance de Applicative (La classe des foncteurs applicatifs), alors c'est un foncteur de la façon suivante :
C'est à dire : Prenez f une fonction de type a -> b, alors vous savez comment l'appliquer sur un Fonc a. Il suffit de la "placer" elle aussi dans un foncteur, pour se retrouver avec une "fonction dans un contexte" de type Fonc (a->b) à appliquer sur un "élément dans un contexte" de type F a.
C'est donc pour cela que l'on impose à tout foncteur applicatif d'être d'abord une instance de Functor, et que vous avez la contraire "Functor f" dans la définition de la classe applicative.
On se prépare au grand saut avec maybe
Tout ceci est très abstrait, alors regardons ce que cela donne avec un exemple simple. On considère Maybe qui est une instance de Applicative de la façon suivante :
instance Applicative Maybe where
pure = Just
(Just f) <*> (Just x) = Just (f x)
_ <*> _ = Nothing |
La méthode pure prend un truc :: a et le place dans un Maybe a par Just truc. C'est la façon la plus intuitive de placer notre truc dans un Maybe, sans perdre d'information. L'opérateur <*> se contente lui de récupérer la fonction à sa gauche, la valeur à sa droite, d'effectuer le calcul (l'application de f à x) puis de placer le résultat dans un contexte minimal en utilisant le constructeur Just. La dernière ligne s’occupe des cas où il manque la fonction, l'argument, ou bien les deux. Dans ces trois cas, on ne peut effectuer le calcul, et l'on ne peut donc produire de résultat.
Comme dit plus haut, si l'on vais une fonction qui prend la racine carré (sqrt :: Int) d'un entier, et "peut-être un nombre" (un v :: Maybe Int), on pouvais mapper notre fonction avec la ligne fmap sqrt v. Avec un foncteur applicatif, on peut aussi écrire :
resultat = (pure sqrt) <*> v |
Mais alors, quel est l’intérêt des foncteurs applicatifs? Un premier exemple est l'application d'une fonction prenant trois entier à trois "peut-être un entier".
--Ici, v1, v2 et v3 sont de type Maybe Int.
--Si vous voulez savoir d'où il viennent, disons que ce sont le résultat
--de la lecture d'une chaine de caractère et de tentative de conversion de
--la chaine en nombres. Si c'était possible, alors on a des valeurs. Sinon, on auras "Nothing".
--On a une superbe fonction :
deepThought :: Int -> Int -> Int -> Answer
--Et on veut l'appliquer à v1, v2, v3.
--Si l'on essaye avec un foncteur :
premiereApplication :: Maybe (Int->Int->Answer)
premiereApplication = fmap deepThought v1
--Maintenant, on est bloquer, on ne sais pas appliquer
-- une fonction qui se trouve dans un maybe...
--... à moins d'utiliser <*> :)
secondeApplication :: Maybe (Int -> Answer)
secondeApplication = premiereApplication <*> v2
derniereApplication :: Maybe Answer
derniereApplication = secondeApplication <*> v3
--En fait, on aurait pu d'abord placer la fonction dans un Just,
-- puis appliquer v1, v2 et v3 avec <*> :
toutEnUn :: Maybe Answer
toutEnUn = (pure deepThought) <*> v1 <*> v2 <*> v3
--Et pour finir, sachez qu'il existe un petit sucre syntaxique
-- pour "(pure f) <*> x" ; l'opérateur <$> :
toutEnUn :: Maybe Answer
toutEnUn' = deepThought <$> v1 <*> v2 <*> v3 |
Mais parce que le haskell détient bien plus de P-P-P-P-Puissance, intéressons nous à une autre instance de Applicative : Les listes.
Premier plongeon avec les listes
Comme nous l'avions vu la dernière fois, les listes sont un excellent exemple de foncteur. Mais pouvons nous en faire des foncteurs applicatifs? Il est facile de placer une valeur dans un contexte minimal : on définira pure a = [a]. En fait, il nous faudrait répondre à la question suivante : Si l'on a une liste de fonction [f1, f2, f3] et de valeurs [2, 3, 4], comment définir l'opérateur <*> ?
La solution retenue par haskell est on ne peut plus simple : on applique toutes les fonctions à toutes les valeurs. Voici la définition de l'instance :
instance Applicative [] where
pure x = [x]
fs <*> xs = [f x | f <- fs, x <- xs] |
Cela donne une façon très facile d'effectuer de nombreux calculs différents. C'est à dire : Vous disposez d'un ensemble de valeurs, et d'un ensemble de fonctions. Vous voulez connaitre TOUS les résultats possible. Il suffit alors d'appliquer la liste des fonctions sur la liste des valeurs avec l'opérateur <*>. Un exemple, en partie tiré de Learn You Haskell for Great Good est le parcoure d'un cavalier. Un cavalier est situé quelque part sur un échiquier infini, et vous voulez connaitre toute les positions où il peut se trouver apprès 5 coups. Il suffit décrire une fonction par déplacement possible et e les placer dans une liste, disons [u1, u2, l1, l2, r1, r2, d1, d2] et d'appliquer cette liste à la position d'origine dans un contexte [(x, y) ou encore pure (x, y). La solution est donné par :
u1 (l, c) = (l+2,c+1)
u2 (l, c) = (l+2,c-1)
d1 (l, c) = (l-2,c+1)
d2 (l, c) = (l-2,c-1)
l1 (l, c) = (l+1,c-2)
l2 (l, c) = (l-1,c-2)
r1 (l, c) = (l+1,c+2)
r2 (l, c) = (l-1,c+2)
fctListe = [u1, u2, d1, d2, l1, l2, r1, r2]
origine (l, c) = [(l,c)]
etapeSuivante position = fctListe <*> position
solution (l, c) = etapeSuivante . etapeSuivante . etapeSuivante . etapeSuivante . etapeSuivante $ origine (l, c) |
En apnée : les foncteurs (->) r !
On les avais cacher lors de la discussion des foncteurs, car ils sont difficile à cerné, leur intérêt n'est pas évident au premier abord, et leur construction est quelque peu... surprenante. Mais puisqu'ils sont utile comme foncteur applicatif, parlons en! Si la partie la plus abstraite vous échappe, aucune raison de vous inquiéter, l'idée est de survoler les notions pour avoir un aperçu, éveiller la curiosité et inciter à lire des livres/articles qui expliquent en détaille ce qui n'est ici que mentionner. Si tout cela vous intéresse, sautez à la section "Foncteurs applicatifs" de Learn You Haskell for Great Good!
L'opérateur -> est un constructeur de type, à deux arguments. Vous lui donnez deux types, a et b, et il vous construiras le type "prend du a et retourne du b". On peut donc écrire f :: a -> b ou encore f :: (->) a b. Que signifie alors (->) r ? Cela signifie que l'on parle d'un constructeur de type à un argument, et que si vous lui donnez un type a, il désigneras alors les fonctions de type a -> r Si r désigne un type, on peut alors faire de (->) r une instance de functor où mapper une fonction de type a->b signifie l'appliquer au résultat de l'évaluation de la fonction de type (-> r a. Plus précisément :
instance Functor ((->) r) where
fmap f g = (\x -> f (g x)) |
On peut se demander l’intérêt, puisque (fmap f g) 42 se simplifie en f . g $ 42 qui est bien plus lisible. Outre sa fantastique capacité à m'être votre esprit à rude épreuve, ce changement de point de vue devient très intéressant avec la classe applicative, puisqu'il donne la possibilité d'avoir un ensemble de paramètres.
Un exemple commenté :
--Notre type "paramètre". On aurais pu construire une sorte de grosse structure
-- avec diverses informations.
--Dans cette example, on se contenteras d'un nombre.
type Param = Int
unEntier :: Param -> Int
unEntier = pure 5
unAutreEntier :: Param -> Int
unAutreEntier param = 5 + param
uneFonction :: Param -> Int - > String
uneFonction param arg = show (arg + param)
somme = pure (+) <$> unEntier <*> unAutreEntier
affichage = uneFonction <*> somme
--Vaut 94 :
evaluationDansUnCOntexte = affichage 42 |
Quelques règles que null ne doit ignorer
Comme on dit, dura lex, sed lex. Les foncteurs devaient respecter certaines règles, et il en est de même des foncteurs applicatifs. Une fois habitué aux foncteurs applicatifs, ces règles semblent découler du bon sens. Ce sont des invariants que DOIVENT respecter vos instances d'Applicative. Si vous ne les respectez pas, c'est que ce que vous voulez faire n'est pas un foncteur applicatif, et n'a donc aucune raison d’être instance d'Applicative.
Sans trop rentrer dans les détails, les voici, brièvement commentés :
-- Neutre :
pure id <*> v = v
--Cela signifit qu'appliquer la fonction identité
-- (id = (\x -> x) ) a un élément v via <*> le laisse inchangé.
--C'est une sorte de "neutre à gauche".
-- Composition :
pure (.) <*> u <*> v <*> w = u <*> (v <*> w)
--Cela signifie que composer les fonctions à l'intérieur de u et v
-- via l'opérateur . (C'est la partie pure (.) <*> u <*> v) revient à calculer u sur le résultat de v.
--Comme on compare deux fonctions sur leur valeur, et que l'on parle de résultat, on doit introduire
-- un certain mister w, et on vérifie que quelque soit ce w, on a bien que u calculer sur v calculé sur w donne bien le meme résultat que la composé (pure (.) <*> u <*> v) calculé sur w.
-- Morphisme :
pure f <*> pure x = pure (f x)
--Cette égalité garanti que : placer f dans un contexte minimal, placer x dans un contexte
-- minimal, puis "mouliner" donne le même résultat que f x placé dans un contexte minimal. En quelque sorte,
-- on transforme l'opérateur $ :: (a->b) -> a -> b en l'opérateur <*> :: f (a->b) -> f a -> f b.
-- ' Échange '
u <*> pure y = pure ($ y) <*> u
-- C'est une sorte de commutativité du pauvre. On ne peut pas vraiment échanger les arguments à droite et à gauche, car l'un est une fonction, l'autre une valeur. Mais on peut transformer une évaluation "f y" en "$ f y ", ce qui permet de changer l'ordre des arguments. |
Monades
Les monades, c'est le cran au dessus. On ne veut plus seulement mapper des fonctions f: a -> b à l'intérieur d'un Fonc a, ni évaluer des fonctions Fonc (a -> b) dans un contexte F a. Maintenant, on dispose de fonctions qui travaillent sur une valeur, et produisent un résultat dans un contexte. Des fonctions e type f :: a -> Fonc b. Si l'on essayais de les mapper comme des foncteurs sur un Fonc a, on se retrouverais avec du Fonc (Fonc b), et ce n'est pas du tout ce que l'on veut. Il nous faut donc une fonction capable de recoller ces "Fonc Fonc" en "Fonc". C'est ce que fournisse les monades.
Tout de suite, la classe monade :
class Monad m where
(>>=) :: m a -> (a -> m b) -> m b -- On l’appelle aussi "bind"
(>>) :: m a -> m b -> m b -- C'est une sorte d'opérateur de concaténation.
-- >> Ignore le premier argument et renvoi la valeur du second.
-- On veras plus tard qu'en fait, c'est utile, avec la monade IO.
return :: a -> m a -- C'est notre bon vieux pure, sous un autre nom.
fail :: String -> m a -- On ne l'utiliseras pas, et on en parleras pas.
-- Sachez toute fois que ca renvoi moralement un "contexte sans information".
-- Par exemple une liste vide, un Nothing, etc. |
Les deux opérateurs principaux sont bind et return. Voyons comment on pourrait, partant d'une monade, la faire instance d'Applicative :
instance Monade Fonc where
pure = return
-- L'astuce est de construire une fonction f' :: (a -> m b) que l'on puisse utiliser à la place de f.
-- On la construit grace à "pure . f".
-- Mais comme f est elle meme dans un contexte, il faut faire cette transformation dans le contexte.
mf (<*>) mv = mf >>= (\f -> mv >>= return.f)
-- On done mf à manger a la grosse fonction de droite. La grosse fonction de droite récupère la fonction f, la transforme en une f' par return.f. On donne donc la valeur v contenue dans mv à manger a la fonction f' grâce à >>=. |
Bon, si vous avez suivi jusque là, soit vous connaissez déjà le haskell, soit vous êtes des sur-hommes. Voyons en pratique ce qu'apportent les monades, et pourquoi est-ce que bien utilisé, elles offres une nouvelle façon de résoudre certains problèmes bien connu du monde impératif.
Être ou ne pas être?
Dans un "vrai" programme, on n'a pas toujours une valeur a retourner pour une fonction. Que faire si l'on demande le premier élément d'une liste vide? Et si jamais on veut convertir une chaine en un nombre, qui par malheur n'est pas un nombre? En bref, comment gérer une erreur correspondant à l’absence d'un résultat?
La réponse est la monade maybe. Commençons par des fonctions qui renvoient peut-être une valeur :
maybeHead :: [a] -> Maybe a
maybeHead [] = Nothing
maybeHead (head : tail) = Just head
maybeList :: (Int, Int) -> Maybe [Int]
maybeList (first, last) = if first <= last then [first..last] else Nothing
maybeRange :: Bool -> Maybe (Int, Int)
maybeRange False = Nothing
maybeRange True = (23, 42) |
On voudrais maintenant récupérer le premier élément de la liste pour les valeur donné par maybeRange, si la liste existe, bien sure. C'est la que les monades interviennent! Grâce au monades, on peut composer les deux fonctions, bien qu'un Maybe [Int] ne soit pas un [Int].
resultat :: Maybe Int
resultat choice = maybeRange choice >>= maybeList >>= maybeHead |
Si l'une des étapes ne produit pas de résultat (un Nothing), alors l’absence de résultat seras propagé et on obtiendras un Nothing.
Cette méthode a de nombreux avantages par rapport aux deux vielles solutions bien connues :
1) Le "code d'erreur", c'est à dire placer nullptr quand on pointeur n'existe pas, ou encore "-1" ou 0 pour signaler une erreur. L'inconvénient de cette méthode est d'obliger le développeur à vérifier chacune des valeurs de retour avec un if, généralement pour sortir de la fonction, souvent en retournant un nouveau code d’erreur pour signaler que le résultat produit n'est pas "vraiment" un résultat, mais une absence de résultat.
L'utilisation de la monade Maybe permet d'éviter ces testes répété. Si une seul des fonctions ne peut pas fournir de résultat, alors les applications suivantes seront toute ignoré et, bien entendu, ces fonctions ne seront pas évaluées, donc pas de cout en temps de calcul.
2) Les exceptions. Cela consiste à interrompre l'exécution normale du programme pour remonter a travers toute la pile d'appels, en espérant que quelqu'un seras assez gentil pour s'occuper de cette erreur. Cela a un cout en terme de performances, et doit être réserver pour les évènements exceptionnels. L'impossibilité de produire un résultat est rarement exceptionnel, c'est plutôt chose commune.
Le chainage de monade Maybe a l'avantage de ne pas déclencher un erreurs qui pourrait se perdre et aller jusqu'à interrompre le programme. Que les valeurs soient présente ou non, le comportement est toujours "simple" à prédire. Et plus un code est simple, moins il y a de risque qu'une erreurs s'introduise.
En règle générale, dès que le résultat peut ne pas être fournit, vous devriez utiliser la monade Maybe. Si parfois une certaine fonction f que vous voulez chainer produit toujours un résultat, alors vous pouvez la placer au milieu d'une chaine de >>= en écrivant return.f. Vous pouvez aussi une bonne vielle fmap, car toute les monades sont des foncteurs.
Nb : Peut-être avez vous besoin de conserver une information sur l'origine de l'erreur. Ceci est possible grâce à la monade Either.
Pour finir, voici l'instance de cette monade :
instance Monad Maybe where
return x = Just x
Nothing >>= f = Nothing
Just x >>= f = f x
fail _ = Nothing |
Un calcul pas très déterministe
Nous avions vu comment les listes comme foncteurs applicatifs permettent de résoudre élégamment la question du déplacement d'un cavalier. Mais dans un échiquier fini, on ne savais pas trop comment gérer les bords.
Les listes, vu comme monade, nous permettent de combiner des fonctions de type a -> [b]. L'idée est que vous disposez de diverse fonctions qui prennent une valeur, et produise divers résultats possible. Vous voulez alors appliquer des fonctions sur chacun de ces résultats. On peut donc parler de calcul non-déterministe : une valeur donne plusieurs résultats possible.
On peut donc réaliser un remake du cavalier, en se servant de ce calcul non déterministe, puisqu'à partir d'une position, on a diverses positions possibles
--Quelques types pour plus de lisibilité,
-- histoire de rappeler que les types sont
-- aussi là pour fournir des informations sémantiques.
type Ligne = Int
type Collone = Int
type Position = (Ligne, Collone)
--Fonction utilisé pour ne garder que les positions dans l'échiquier
dansLechiquier :: Position -> Bool
dansLechiquier (l, c) = l `elem` [1..8] && c `elem` [1..8]
--Produit une liste des positions possibles
deplacerCavalier :: Position -> [Position]
deplacerCavalier (l, c) = filter dansLechiquier liste
where liste = [(l+2,c-1),(l+2,c+1),(l-2,c-1),(l-2,c+1)
,(l+1,c-2),(l+1,c+2),(l-1,c-2),(l-1,c+2)]
--Donne la liste des positions possible du cavalier, partant de (4, 5), et apprès trois déplacements.
resultat = return (4, 5) >>= deplacerCavalier >>= deplacerCavalier >>= deplacerCavalier |
En fait, une autre façon de faire serais de mapper la fonction deplacerCavalier dans la liste de positions, produisant un "[[Position]]", puis d'appeler concat sur cette liste, la recollant en une "[Position]". C'est d'ailleurs se que fait l'opérateur >>= !
L'utilisation des listes sous leur forme de monade n'est pas limité à cette exemple. Je peux mentionner un exemple qui vous paraitras plus concret. Disons que vous voulez enregistrer une image, et que vous disposez d'une fonction qui vous donne les couleurs r, g, b, a sous la forme d'une liste de nombres, c'est à dire getPixel (x, y) :: [Word8] (Word8 est un nombre codé sur 8 bits). Sachant que pour enregistrer l'image, vous devez fournir un tableau, qui peut être très facilement construit à partir de la liste des valeurs qu'il vas contenir. (Le compilateur est très malins, et le programme compilé ne s’amusera pas à produire une liste, la construire en mémoire, puis la placer dans le tableau. Pas d'inquiétude, le compilateur est très douer à ce niveau.)
La monade [] permettent d'écrire en une ligne, de façon très élégante, la création d'un tableau où les valeurs sont bien la succession des valeurs de getPixel calculé à chaque coordonné. Biensur, on aurais pu utiliser concat et map, mais c'est justement ce que fait l'opérateur bind. Tout ça pour ire que les listes vue comme monade ne sont pas un gadget, mais bien un outil.
Voici la définission de l'instance pour les curieux :
Dou? Doo? Do, c'est le gout!
La notation do est une sorte de super sucre syntaxique. Seulement, les monades sont tellement amère que vous aurez vraiment besoin de ce sucre, je vous l'assure.
La notation do permet décrire facilement le chainage d'actions, et le fait de récupèrer des valeurs dans un contexte.
Considèrons léxample suivant tiré de Learn You Haskell for Great Good (Non, je n'ai pas la moindre part chez eux.) :
foo :: Maybe String
foo = Just 3 >>= (\x ->
Just "!" >>= (\y ->
Just (show x ++ y))) |
On récupère deux valeurs de monades à travers x et y, puis l'on place le resultat de show x ++ y dans un contexte. C'est lours a écrire, demande l'imbrication de fonctions... Avec la notation do, cela evient :
Dans les deux premières lignes, on récupère x et y depuis Just 3 et Just "!", puis on fait notre traitement.
Hey! Mais ca resemble a des listes en compréhension tout ca! Revoyons l'exemple précédent avec des listes :
foo :: Maybe String
foo = [1, 2, 3] >>= (\x ->
[".", "!", "?"] >>= (\y ->
[show x ++ y])) |
Le résultat produit est toute les facons de coller l'un des signes de pontuations après l'un des nombres. C'est exactement la même chose que :
foo :: Maybe String
foo = do
x <- [1, 2, 3]
y <- [".", "!", "?"]
return (show x ++ y)
-- Ou encore :
foo = [show x ++ y | x <- [1, 2, 3] | y <- [".", "!", "?"]]
Voilà donc l'explication des liste en compréhention! Et oui, il nous auras fallut arriver jusqu'ici pour pouvoir enfin dire ce qu'est une liste en compréhension. C'est simplement une notation spécifique au liste d'un bloque do. C'est donc de la manipulation de monade que vous faites à chaque fois que vous écrivez une liste en compréhension. Si c'est si pratique avec les listes, vous vous doutez bien que pouvoir le faire avec divers structures, comme des arbres, est tout aussi pratique.
Vous vous demandez alors comment ajouter les conditions, comme dans [x^2 | x <- [1..20], x `mod` 2 == 0] ? Et bien vous pouvez utilisez la fonction guard, qui produiras une liste vide si la condition n'est pas vérifiée :
foo = do
x <- [1..20]
guard (\x -> x `mod` 2 == 0)
return x^2 |
Le retour de (->) r
Nous avions utilié le foncteur applicatif (->) r pour représenter des caluls qui dépendent d'un contexte. On savais donc appliquer des fonctions r -> (a->b) sur des valeurs r -> a. Seulement, il est plus commun de partir d'une valeur, et produire un resultat qui dépend du contexte. On voudrais donc une monade, pour pouvoir combiner des fonctions de type a -> (r -> b) (Les parentaises sont là pour faire ressortir que l'on considère (->) r comme un foncteur/ une monade, mais biensur facultatives).
Comme (->) r est l'une des monades les plus abstraites, regardons un example concret, où le contexte est la position d'une caméra dans un raytracer.
--On définit une caméra.
--Une caméra contient la position depuis la quelle
-- les rayons sont lancé, la distance à la quel se trouve
-- le plan, et la taille de celui ci.
type Position = (Double, Double, Double)
type Direction = (Double, Double, Double)
type Distance = Double
type Coordonnee = Int
type Largeur = Coordonnee
type Hauteur = Coordonnee
type Plan = (Largeur, Hauteur)
data Camera = Camera Position Distance Plan
getRay :: Cooronnee -> (Camera -> Direction)
getRay (i, j) cam = let (Camera (x, y, z) _ _ _) = cam in normalize (i - x, j - y, -z)
where
normalize (x, y, z) = let norme = sqrt(x^2 + y^2 + z^2) in (x / norm, y / norm, z / norm)
rayTraceScene :: Scene -> Direction -> (Camera -> (Object, Distance))
rayTraceScene = -- Imagineons que l'on fait le necessaire pour raytracer une scène.
computeColor :: (Object, Distance) -> Camera -> [Word8]
computeColor = -- Calcule la couleur en tenant compte de l'angle de la caméra, etc.
--Pour getPixel, on préfèreras souvant spécialiser dabord la Caméra,
-- puis appeler cette spécialisation sur toute les coordonnées de l'image.
-- C'est pourquoi le type est "Camera -> Coordonnee -> [Word8]" plutot
-- que "Coordonnee -> Camera -> [Word8]". On perd donc la possibiliter
-- d'utiliser getPixel avec la monade "(->) Camera".
getPixel :: Camera -> Coordonee -> [Word8])
getPixel cam coords = (return coords >>= getRay >>= (rayTraceScene uneScene) >>= computeColor) cam |
Point culture
Comprenez bien que les monades ne sont pas indispensable, et que l'on fesait des monade avant la création de la classe Monade. C'est simplement de nouveaux outils à votre disposition pour résoudre des problèmes, et ils permettent parfois de résoudre certains problèmes de façon très élégante et concise (ce qui est un escellent point pour l'évolutivité du code).
Sachez que les monades aussi doivent respecter certaines règles, tous comme les foncteurs et les foncteurs applicatifs. Cela assure qu'une monade seras bien un foncteur (applicatif), de la façon décrite plus haut. Les voici :
-- Neutre à gauche
return a >>= f = f a
-- Neutre à droite
m >>= return = m
-- Associativité
(m >>= f) >>= g = m >>= (\x -> f x >>= g) |
Vous trouverez des liens dans les références pour plus de détails.
On n'a pas aborder la monade IO. Cette monade permet de ramener les actions propre a l'impératif, les "effets de bord", dans le langage haskell. L'astuce diabolique est la suivante : Puisque qu'un programme haskell ne peut produire d'effet de bord, un programme haskell décriras comment composer, jusxtaposer, et transformer les résultats produits par des programmes impératif. Utiliser la monade IO, c'est jouer avec la composition et la juxtaposition de programmes. C'est alors que l'opérateur ">>" prend tout son sens! Il permet de juxtaposer deux programmes impératifs et ne retenir le resultat que du second, par exemple :
.
En dire plus sur cette monade n'a d'intéret que pour les personne voulant écrire des programmes en haskell. Si c'est votre cas, je vous invite à lire, au choix, Learn You Haskell for Great Good ou (plus technique et plus ... "professionnel") Real World Haskell, chez O'Reilly.
Références :
La loi des monades : http://www.haskell.org/haskellwiki/Monad_laws
Either - http://hackage.haskell.org/packages/archive/category-extras/0.53.1/doc/html/Control-Monad-Either.html
Hoogle (moteur de recherche, très efficace pour rechercher une fonction à partir de son type) - http://www.haskell.org/hoogle/